Le samedi 26 septembre 2026, j’ai eu l’immense honneur d’être accueillie au sein de l’Académie Drômoise, à l’occasion de sa réunion d’automne organisée à Nyons.
Une journée particulièrement émouvante, que j’ai eu la chance de partager avec ma mère, Frédérique, et mon oncle Arnaud Fert, et qui restera un moment important dans l’histoire de la Scourtinerie.
Une distinction qui fait écho à notre histoire
Lorsque l’on m’a proposé de rejoindre l’Académie Drômoise, je me suis d’abord demandé ce que j’avais fait pour mériter un tel honneur.
Puis j’ai découvert plus précisément les travaux menés par l’Académie et notamment l’ouvrage La Drôme des sciences et des techniques, dans lequel plusieurs pages sont consacrées à mon arrière-arrière-grand-père, Ferdinand Fert.
Et il y avait un détail particulièrement émouvant : le brevet de Ferdinand figure sur la couverture même de cet ouvrage.
Ferdinand a fondé la Scourtinerie avec Marie Fert en 1882. Plus de 140 ans et cinq générations plus tard, être accueillie à mon tour au sein de l’Académie donne à cette distinction une dimension toute particulière.
Derrière une personne, cinq générations
Lors de mon intronisation, Bernard Foray-Roux a retracé une partie de mon parcours et de celui de notre famille.
Il a eu une phrase qui m’a particulièrement touchée : en m’accueillant, c’était finalement toute la famille Fert et toute la Scourtinerie qui entraient avec moi à l’Académie.
C’est exactement ainsi que j’ai vécu ce moment.
Car la Scourtinerie n’est pas simplement mon travail. C’est l’endroit où j’ai grandi, au milieu des machines, des scourtins, des archives et des histoires transmises par les générations précédentes.
Aujourd’hui, je mesure la chance mais aussi la responsabilité que représente le fait de poursuivre cette aventure familiale.
Préserver les gestes et les machines, conserver et faire connaître nos archives, raconter la place des femmes et des hommes qui ont construit cette entreprise, tout en continuant à la faire évoluer : c’est cette transmission qui guide une grande partie de notre travail aujourd’hui.
De l’Académie à la Scourtinerie
L’après-midi, changement de décor : j’ai eu le plaisir d’accueillir les membres de l’Académie à la Scourtinerie.
Et là, j’étais dans mon élément !


Après avoir parlé de notre histoire le matin, nous pouvions cette fois la découvrir sur place : parcourir notre musée entièrement rénové, entrer dans l’atelier, observer les machines et découvrir les gestes qui permettent encore aujourd’hui de fabriquer nos scourtins.
Cette visite a été l’occasion de nombreux échanges autour de notre patrimoine, de nos techniques et de cette entreprise familiale que nous essayons de préserver sans jamais la figer.
C’était finalement une très belle manière de terminer cette journée : faire le lien entre l’histoire racontée et l’histoire qui continue de s’écrire chaque jour dans notre atelier.
Merci à l’Académie Drômoise
Je souhaite remercier encore très sincèrement tous les membres de l’Académie Drômoise pour leur accueil, leur bienveillance et pour l’immense honneur qui m’a été fait ce samedi.
Je remercie également l’Académie pour le travail qu’elle accomplit afin de préserver et transmettre la mémoire de celles et ceux qui ont contribué à l’histoire de notre Drôme.
Lorsque je pense que le brevet de Ferdinand figure aujourd’hui sur la couverture d’un ouvrage de l’Académie et que, quelques générations plus tard, je rejoins à mon tour ses rangs, je trouve le symbole particulièrement beau.
Je suis très heureuse et très fière d’y représenter, à ma manière, la Scourtinerie, la famille Fert et toutes les générations qui m’ont précédée.
La Scourtinerie a un beau passé. Je crois profondément qu’elle a aussi un bel avenir.
Sophie Villeneuve-Fert
5ᵉ génération de la famille Fert
