Le 18 juillet 2025, lors de la 59ᵉ édition des Olivades de Nyons, j’ai eu l’immense honneur d’être intronisée Chevalier de l’Olivier. En tant que cinquième génération à la Scourtinerie de Nyons, cette distinction dépasse largement ma seule personne : elle raconte une histoire de famille, d’oliviers, de terroir et de transmission.
Avant de parler de cette journée particulière, il faut d’abord comprendre ce que représente cette confrérie et ce titre si symbolique dans notre région.
La Confrérie des Chevaliers de l’Olivier : gardienne de l’arbre emblématique de Nyons
La Confrérie des Chevaliers de l’Olivier de Nyons est née au début des années 1960, après le terrible gel de 1956 qui avait durement frappé les oliveraies de la région. Son objectif : défendre l’olivier, promouvoir ses produits – l’olive et l’huile d’olive – et préserver un savoir-faire menacé.
Nyons a été le berceau de la première confrérie dédiée à l’olivier en France, créée officiellement en 1964. Depuis, d’autres confréries ont vu le jour dans les régions oléicoles françaises, mais celle de Nyons reste une référence historique.
Aujourd’hui encore, la Confrérie :
- organise et anime des moments forts de la vie nyonsaise,
- participe aux grandes fêtes autour de l’olive noire de Nyons AOP : Fête de l’Olive piquée, Alicoque (fête de l’huile nouvelle), Fête de la fleur d’olivier, Olivades en juillet,
- fait rayonner l’image de l’olive noire de Nyons et de son huile, en France et à l’étranger.
C’est donc bien plus qu’un folklore : c’est un outil de défense d’un terroir et d’une filière agricole, oléicole et artisanale.
Être “Chevalier de l’Olivier”, qu’est-ce que cela signifie ?
Être intronisé Chevalier de l’Olivier, ce n’est pas un simple titre honorifique. C’est être reconnu comme ambassadeur de l’olive et de l’huile d’olive, de leur culture et de leurs usages, mais aussi des valeurs qu’elles portent : patience, enracinement, sobriété, résistance aux épreuves – à l’image de l’olivier lui-même.
L’intronisation se déroule lors d’un chapitre de la confrérie, souvent pendant une grande fête comme l’Alicoque ou les Olivades. Les nouveaux chevaliers prêtent serment de :
- défendre l’olivier et ses produits,
- promouvoir la qualité des huiles d’olive et olives locales,
- faire vivre les traditions qui y sont liées.
La cérémonie est très codifiée :
on y retrouve les habits verts des chevaliers, les médailles, les brindilles d’olivier, les mots solennels… et une bonne dose de convivialité, car célébrer l’olive, c’est aussi partager, déguster et faire la fête.
Une histoire de famille profondément liée à l’olivier
À la Scourtinerie, l’olivier n’est jamais très loin. Historiquement, notre métier est intimement lié aux moulins à huile : nous fabriquions les scourtins, ces filtres utilisés pour l’extraction de l’huile d’olive.
Dans ma famille, plusieurs membres ont déjà été intronisés Chevaliers de l’Olivier :
- mon grand-père,
- ma mère,
- et mon oncle.
Tous ont, à leur manière, travaillé à faire vivre la culture de l’olivier, à travers la Scourtinerie, les moulins, les fêtes locales, les liens avec les oléiculteurs et les institutions du territoire.
Être à mon tour intronisée, c’est donc m’inscrire dans une lignée familiale où l’olivier n’est pas qu’un arbre : c’est un repère, un symbole et presque un membre de la famille.
18 juillet 2025 : la cinquième génération à l’honneur
En juillet 2025, Nyons célébrait la 59ᵉ édition des Olivades, grande fête estivale dédiée à l’olive noire AOP de Nyons. Pendant trois jours, la ville vit au rythme des animations, dégustations, marchés, défilés, chapitres des confréries et moments conviviaux.
Cette année-là, la Scourtinerie était officiellement représentée par la cinquième génération, à travers mon intronisation en tant que Chevalier de l’Olivier.
J’ai eu la chance d’être intronisée par mon parrain, Jacques Pipard, lui-même Chevalier de l’Olivier. Recevoir cette distinction de sa part, sur la place publique, devant les Nyonsais, les confréries invitées et les touristes de passage, a été un moment à la fois très émouvant et très symbolique.
Cette intronisation vient saluer :
- un engagement pour un artisanat local et durable,
- le lien historique entre la Scourtinerie et l’oléiculture,
- la volonté de transmettre un savoir-faire qui, même s’il a évolué (du filtre à l’objet de décoration), reste intimement lié à l’olive et à son monde.
Comme je l’écrivais dans notre newsletter, cette nomination de Chevalier de l’Olivier pour la cinquième génération reconnaît une démarche : faire vivre un atelier ancien avec des idées nouvelles, tout en restant fidèle à l’identité de Nyons et de ses oliviers.
Ce que cela représente pour la Scourtinerie de Nyons
Être Chevalier de l’Olivier, pour moi, ce n’est pas seulement un ruban et une médaille accrochés à une veste. C’est :
- une responsabilité : continuer à parler de l’olive et de l’huile comme on parle de nos scourtins et de nos tapis, en expliquant ce lien entre fibres de coco, moulins, terroir et paysages ;
- une continuité : je ne suis que le maillon d’une chaîne familiale qui, depuis plusieurs générations, accompagne l’histoire de l’olivier à Nyons ;
- un engagement : valoriser les circuits courts, les artisans, les producteurs d’huile, les savoir-faire locaux et les fêtes qui font l’âme de la ville.
À la Scourtinerie, nous tissons des scourtins, des tapis et des objets de décoration, mais nous tissons aussi, à notre manière, des liens entre le passé et le présent, entre les oléiculteurs et les visiteurs, entre l’olivier et celles et ceux qui le découvrent pour la première fois.